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Vers la numérisation du patrimoine

Depuis près de vingt ans, l’émergence et la démocratisation des nouvelles technologies numériques bouleversent les modes de vie, de travail, de communication. Ce développement est accompagné de nombreux débats et questionnements sur les apports et l’utilité de ces technologies qui touchent tous les domaines, sans épargner le monde de la culture et du patrimoine.

L'articulation entre la culture et le numérique est aujourd’hui un enjeu majeur et qui fait l’actualité presque quotidiennement. Les projets de numérisation de fonds papier se généralisent (bibliothèques, archives...). Les « musées 2.0 » sont également au cœur du débat depuis plusieurs années, avec de nombreuses initiatives innovantes. A ces évolutions profondes dans le milieu culturel, il faut ajouter ce qui fait l’objet de cette étude : le patrimoine (architectural et mobilier dans le cas de l'Inventaire). En effet, le patrimoine peut également être "numérisé" grâce à des techniques qui visent à le reproduire, le conserver et le valoriser numériquement. Ces techniques offrent de nombreuses possibilités au patrimoine avec notamment des outils de partage et de diffusion des connaissances très puissants. Le numéro 118-119 de la revue Culture et Recherche consacré à la numérisation de patrimoine culturel s’ouvre ainsi sur cette idée :

« La numérisation et l’accessibilité en ligne des contenus culturels sont essentielles à la valorisation du patrimoine, au dynamisme de la création de contenus et à l’émergence de nouveaux services en ligne. Elles contribuent à la démocratisation de l’accès à la culture, au développement de la société de l’information et de l’économie de la connaissance. »

Le numérique apparaît ainsi comme un outil incontournable pour offrir de nouveaux points d’accès à des œuvres, les rendre accessibles « à tous » mais également pour les conserver.

Nouvelles pratiques, nouveaux usages

Ces nouvelles pratiques suscitent un fort intérêt de toutes parts. Les visites virtuelles sont par exemple en plein développement : hôtels, stades, musées, cathédrales… Les lieux proposés sont de plus en plus nombreux et variés. Un grand nombre de collectivités, de musées, de lieux patrimoniaux tentent l’expérience en proposant de nouveaux supports de découverte.

Nous n'avons encore que peu de recul pour savoir ce que ces techniques en constante évolution deviendront. Cependant, la question fondamentale est sans doute de savoir comment elles seront appréhendées par les utilisateurs. Actuellement, ceux-ci s’enthousiasment autant pour l’accès facilité à des contenus riches que pour les nouvelles technologies. Mais l'effet de nouveauté passé, vont-ils continuer à utiliser les visites virtuelles ? Quel intérêt y trouveront-ils ? Quel support d'accès aura leur préférence ? Les visiteurs vont-ils déserter les musées au profit des visites virtuelles ou au contraire est-ce que cette nouvelle capacité de diffusion va éveiller leur curiosité et les faire se déplacer pour découvrir ce dont ils n'ont eu qu'un aperçu en version numérique ?

Ces nombreuses questions ne trouveront sans doute de réponses qu'après un certain temps d'utilisation et d'appropriation. Pourtant, alors que la culture et le patrimoine apparaissent de plus en plus comme des éléments essentiels dans la valorisation des territoires, les nouvelles possibilités offertes par le numérique apportent les moyens de les démocratiser et de les diffuser très largement qui ne peuvent être négligés. Même si des incertitudes demeurent, il semble évident que le numérique a de nombreux avantages et les nouveaux outils présentent un véritable intérêt pour les lieux patrimoniaux, pour les territoires mis en valeur et pour les visiteurs.

Un positionnement nécessaire

L’arrivée fracassante de sociétés privées dans le monde du patrimoine force également les acteurs traditionnels à se poser la question de la numérisation et à se positionner. En effet, si la problématique de la numérisation de masse des documents écrits est bien connue et très débattue (avec l’exemple incontournable du rôle de Google dans la numérisation des fonds de bibliothèques), des enjeux similaires existent dans le monde du patrimoine culturel.

En effet, un grand mouvement de « numérisation du monde » est en cours. Les projets les plus avancés actuellement sont ceux de Google avec Google Earth et Google Street View qui permettent de découvrir de larges parties du monde depuis nos ordinateurs (voir la partie Présence dans des environnements virtuels larges). Si Google est pour le moment l’acteur incontournable dans le domaine, de nombreux projets concurrents sont lancés par des acteurs comme Microsoft (voir la partie Quels acteurs ?).

L’ambition de tels projets est énorme et dépasse de loin la seule numérisation du patrimoine mais leur impact est néanmoins indiscutable : aujourd’hui, de très nombreux monuments historiques et autres édifices relevant de notre patrimoine sont visibles par tous très facilement dans des « globes virtuels ».

Et de la même manière que certaines bibliothèques confient la numérisation de leurs ouvrages à Google, des lieux patrimoniaux utilisent les services de Google pour créer des visites virtuelles. C’est par exemple le cas de grands musées comme Versailles, la National Gallery de Londres, le Metropolitan Museum of Art de New York, le State Hermitage Museum de St. Petersbourg et bien d’autres avec le Google Art Project. D’autres lieux ouvrent leurs portes à Google, en utilisant ses services pour être visibles sur le web.


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Le Colisée dans Google Street View

D’autres exemples ici.

L’utilisation de services tels que ceux proposés par Google est tellement facile que de nombreux acteurs sont tentés de le faire, mais cela contribue à augmenter le pouvoir d’une société privée sur la diffusion de la culture. En effet, rien ne garantit la pérennité de ces visites sur le long terme et la propriété des contenus reste ambiguë. Il est par exemple indiqué dans la FAQ du site Google Art Project que les images en haute résolution des œuvres présentées sont la propriété des musées, mais que l’imagerie Street View est détenue par Google (source). On peut alors se demander ce que deviendront les visites si Google suspend son service. Les musées garderont-ils les images ? Si oui, devront-ils reconstruire totalement un système de visualisation en ligne ?

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Il est ainsi nécessaire de se positionner face à de telles pratiques et de réfléchir à ses conséquences. Le choix est en effet moins anodin qu’il n’y parait. La création de services numériques demande une véritable réflexion lors du choix des outils, afin de trouver un équilibre entre la facilité, la rapidité, le prix, la qualité, la pérennité, le droit sur les contenus…

Se poser la question de la numérisation du patrimoine c’est se poser des questions techniques, mais aussi éthiques, philosophiques, sociales, économiques. Une bonne connaissance des enjeux est primordiale pour trouver un positionnement cohérent avec ses objectifs et ses valeurs.

Etendue de l’étude

Le sujet de cette étude est la valorisation du patrimoine sur Internet grâce à l’utilisation des techniques de prise de vue 360° et de reconstitution en trois dimensions. L’objectif est d’étudier ce que ces outils peuvent apporter au domaine du patrimoine : comment peut-on les utiliser ? Dans quel but ? Pour quel type de projet ? A destination de quel public ?

Cette étude n’a pas pour but de faire un panorama complet de toutes les méthodes possibles pour valoriser le patrimoine sur Internet. Par exemple, je ne m’attarderai pas sur la diffusion de vidéos, de galeries photos ou de web-documentaires, même s’ils peuvent être des outils très intéressants. Les techniques qui retiendront principalement mon attention sont la photographie 360° et la modélisation 3D. D’autres techniques pourront être évoquées lorsque leur utilisation peut être complémentaire, ou qu’elles permettent d’enrichir la réflexion. Ainsi, la vidéo pourra apparaître en tant que mode de diffusion de reconstitutions 3D, ou comme élément pouvant être intégré dans une visite virtuelle conçue avec des photographies 360°.

De plus, cette étude concerne uniquement la valorisation du patrimoine, bien que le principe des visites virtuelles avec des photographies 360° et la modélisation 3D soient utilisés dans de nombreux domaines.

Quelques exemples :

Cette étude concerne ainsi : la valorisation du patrimoine sur Internet avec les techniques de prise de vue 360° et de reconstitution en trois dimensions.

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