Photographie 360° PDF Imprimer Envoyer

Présentation

Introduction

Une photographie panoramique est une photographie au format allongé. Généralement, on parle de format panoramique lorsque le rapport des côtés de l’image (cela peut être hauteur/largeur ou largeur/hauteur) est supérieur à ½. Si la prise atteint les 360°, on parle alors de photographie 360°.

L’utilisation des photographies 360° pour réaliser des visites virtuelles visualisables sur le web est actuellement en plein développement. Cette technologie est très utilisée dans de nombreux domaines : hôtellerie, immobilier, visites d’entreprises, reportages...

La photographie 360° peut aussi se montrer d’un grand intérêt dans le domaine du patrimoine. Elle est en effet idéale pour mettre en valeur des monuments ou des lieux remarquables.

Panorama Karnak

Photographie 360° du temple de Karnak (source et licence)


Types de panoramas

Il existe deux grands types de panoramas à 360°:

  • Le panorama « cylindrique » : la vue est bien à 360° horizontalement, mais elle est limitée verticalement. Les images sont projetées dans un cylindre virtuel pour être visualisées.

Ce type de panorama est particulièrement adapté aux espaces dont l’intérêt visuel est limité en hauteur. L’angle de champ de la prise de vue est en effet limité.

Exemple :Visite virtuelle du Louvre médiéval

  • Le panorama « sphérique » : la vue est totale horizontalement et verticalement.

Le principe est le même que pour le panorama cylindrique, avec une vue à 360° horizontalement, mais cette vue n’est pas limitée à un seul axe : la vision de l’espace est totale dans toutes les directions. Un panorama sphérique est totalement déformé s’il est visualisé « à plat ». Il faut le projeter dans une sphère (ou un cube) virtuelle pour que les images soient visibles correctement.

L’utilisation d’un panorama sphérique est particulièrement intéressante pour les édifices dont la hauteur dépasse un champ de prise de vue traditionnel ou pour les lieux dont le sol ou le plafond a un intérêt particulier. C’est par exemple le cas des cathédrales, pour lesquelles une telle vue permet d’admirer les voûtes, les piliers…

Exemple : Chapelle de la Vierge à Issoudun

Ce type de panorama requiert l’utilisation de beaucoup plus de photographies (l’espace visible étant plus grand), il a donc un poids plus lourd et demande plus de temps de chargement pour s’afficher.

Il est également possible de créer des panoramas avec des angles de vues intermédiaires, suivant l’intérêt du lieu. Des vues peuvent par exemple montrer la beauté d’un plafond sans offrir une vue totale du sol, ou des vues prises en hauteur peuvent présenter l’ensemble du sol mais pas le ciel. C’est par exemple le cas pour les vues du ciel de la visite virtuelle de Bourg-en-Bresse.

Il est très courant que des photographies sphériques montrent l’ensemble d’un lieu à l’exception de la partie où se trouve le trépied lors de la prise de vue. La partie manquante est alors complétée par un « nadir ». Cette pastille insérée dans la vue porte souvent le nom du photographe ou de la société qui a effectué la prise de vue. Vous pouvez voir cette pastille dans cette vue du Château de La Rochefoucauld en Charente.

Les grandes étapes pour réaliser une visite virtuelle à 360° sont présentées dans les pages suivantes.

Outils et mise en œuvre

Techniques de prise de vue :

Une vue à 360° est une photographie panoramique dont le champ atteint les 360°. Pour réaliser une photographie panoramique, il existe trois grandes techniques : la rotation, le recadrage et l’assemblage.

  • Le recadrage : le principe est simple : recadrer une photographie sur sa largeur ou sa hauteur pour lui donner un rapport d’un moins ½.
  • La rotation : la prise de vue est effectuée par un balayage de la scène. Cette technique nécessite l’utilisation d’appareils spécialisés dans lesquels l’objectif tourne et permet de couvrir un angle de vue beaucoup plus large que les appareils classiques (jusqu’à 360°).
  • L’assemblage : de multiples prises de vue sont assemblées pour reconstituer une photographie panoramique. Pour cela, les photographies doivent se chevaucher légèrement. Elles doivent être prises à partir de la même position pour que la juxtaposition soit parfaite.

Pour plus d’informations sur ces techniques, voir le site du photographe Arnaud Frich.

Ces techniques ne sont pas toutes adaptées pour réaliser une vue à 360°. Le recadrage est à exclure car il permet seulement de redimensionner une photographie. La rotation peut être utilisée pour réalisée des vues cylindriques, mais pas pour les sphériques. Elle est cependant de moins en moins courante. La technique la plus largement utilisée pour réaliser des photographies 360° est l’assemblage. Elle est adaptée aussi bien pour les vues cylindriques que pour les sphériques.

Les photographies sont prises avec des appareils traditionnels, avec des appareils permettant des prises de vue « grand angle » ou même des objectifs « fisheye » (littéralement « œil de poisson », cet objectif permet d’obtenir des vues avec un très grand angle). Prendre les photographies avec un grand angle de vue permet d’avoir beaucoup moins d’images à assembler, cela est donc plus facile et plus rapide. Cela ne permet cependant pas de prendre des photographies haute définition, pour lesquelles c’est le grand nombre d’images qui augmente la qualité.

Prise de vue avec un objectif fisheye

Prise de vue avec un objectif fisheye (source et licence)

L’appareil photo est généralement fixé sur un trépied pour la prise de vue. Dans le cas de vues surélevées ou aériennes, d’autres technologies sont nécessaires : un mât télescopique, un ballon captif, un hélicoptère téléguidé, véritable hélicoptère ou encore un drone peuvent être utilisés selon les circonstances.

L’assemblage

Une fois les prises de vue effectuées, il est nécessaire d’utiliser des logiciels spécialisés pour reconstituer une vue à 360°. La fonction de base de ces logiciels est de relier les photographies à partir de la zone de recouvrement (la partie commune aux deux photographies), mais ils peuvent également permettre d’harmoniser les lumières et les couleurs entre les photographies.

Il existe un grand nombre de logiciels différents qui permettent de charger les images et de les assembler. La mise en correspondance de points entre deux images peut se faire automatiquement ou en intervenant manuellement pour certains points.  La différence entre les logiciels se fait au niveau de la qualité des images, des modes d’assemblage, de la rapidité de calcul ou encore des options disponibles.

Quelques exemples de référence :

  • Autopano Pro, le logiciel professionnel le plus utilisé actuellement.
  • Stitcher a été une référence pendant longtemps mais n’est actuellement plus mis à jour  et est moins utilisé. Il permet cependant une très grande qualité d’assemblage.
  • La technologie d’AutoStitch est très puissante pour l’assemblage automatique d’images. Elle est utilisée dans d’autres logiciels comme Autopano ou Serif PanoramaPlus. Une version de démonstration gratuite permet d’assembler des images très facilement.

Des logiciels gratuits sont aussi très performants. C’est par exemple le cas de PTGUI (shareware) ou de Hugin (opensource).

Il existe également des services d’assemblage en ligne, comme le propose le site Panomonkey. Il suffit de charger des photographies pour que l’assemblage se fasse automatiquement (avec un délai d’attente de quelques heures).

Exemple réalisé avec le logiciel Hugin :

Les images d'origine:



Le résultat:

(Source et licence)

Des grandes marques d’appareil photos fournissent parfois des logiciels lors de l’achat d’un appareil (par exemple PhotoStitch de Canon) et des appareils grand public intègrent des fonctionnalités de panoramas. Des applications pour smartphones sont également de plus en plus nombreuses. Par exemple, un utilisateur peut très facilement créer des panoramas avec son iPhone grâce à AutoStitch Panorama (1€59 – téléchargeren savoir plus), 360 Panorama (1€59 –  télécharger), Pano (1€59 – téléchargeren savoir plus) ou encore PanoLabs (gratuit -  télécharger).

panorama créé avec application iphone

Panorama photographié avec l'application Pano (source et licence).


Le développement de ces outils gratuits ou grand public rend la photographie panoramique « accessible à tous ». Cependant, si cela donne la possibilité de faire de jolies photos de vacances, de s’amuser, de faire des tests, il ne faut pas oublier que la photographie est un métier. L’accès aisé à un outil ne signifie pas que tout le monde est capable de réaliser une photographie panoramique de qualité.

Mode de diffusion

Pour qu’une photographie panoramique à 360° devienne interactive et prenne le sens de « visite virtuelle » il est nécessaire qu’elle soit visualisée avec un lecteur ou « viewer » ou « player ». Grâce à cette application, l’utilisateur peut se déplacer à droite ou à gauche, zoomer dans la vue ou encore cliquer sur un « hotspot » (icône cliquable intégrée à l’image) pour accéder à des informations ou passer à une autre photographie 360°.

Des logiciels spécialisés comme Panotour permettent d’organiser les vues, de les lier et d’y intégrer des hotspots pour en faire de véritables visites virtuelles.

Les photographies qui sont utilisées pour composer une vue à 360° sont des photographies « classiques » tant qu’elles ne sont pas assemblées et projetées dans un espace virtuel. Les photographies professionnelles sont donc prises dans le format propriétaire de l’appareil photo puis converties en TIFF ou dans d’autres formats d’images.

La visite virtuelle est ensuite créée à partir des photographies en .jpeg ou dans un format dérivé car, même pour une visite en haute définition, le format TIFF serait trop lourd. C’est le nombre de pixels qui doit être adapté à la qualité d’image souhaitée (pour une projection sur grand écran, pour un visionnage dans une petite fenêtre dans une page web, etc.).

De la même manière que le format d’une photo (jpeg, TIFF, PSD, etc.) détermine ses propriétés et la manière dont elle sera visualisée (par exemple, une photo .psd ne s’ouvre qu’avec le logiciel Photoshop), le format des visites virtuelles implique un « player » particulier. Le choix de celui-ci peut impliquer des différences dans la qualité de l’image, la rapidité de chargement ou encore le mode de navigation.

Les technologies  les plus courantes pour afficher des visites interactives sont Flash, Quicktime et Java.

  • Flash : le format Flash d’Adobe est le plus répandu pour inclure des animations sur le web (voir l’étude conduite en décembre 2010). La lecture de fichiers Flash (extension  .swf) nécessite l’installation  de l’application « Flash Player » qui est compatible avec les systèmes d’exploitation Microsoft Windows, Mac OS et Linux. Il n’est cependant pas compatible avec les iPod, iPhone et iPad.

Ce format permet d’obtenir des applications web riches, d’intégrer du son et de la vidéo de qualité. Léger, il s’intègre facilement dans les pages web. Les visites visibles en Flash sont les plus courantes sur le web actuellement.

Exemple de visite en Flash : balade virtuelle pour la fête des Lumières 2010 à Lyon.

  • Quicktime VR (Quicktime Virtual Reality) : les applications interactives au format .mov nécessitent le visualisateur Quicktime d’Apple et son plugin Quicktime VR pour fonctionner. Ce player est compatible avec les systèmes d’exploitation Mac Os et Microsoft Windows mais demande une installation spécifique sous Linux. Il a le défaut d’être assez lourd à télécharger (la version 7 fait plus de 30 Mo) et il est de moins en moins utilisé pour les visites virtuelles.

Exemple de visite avec Quicktime VR : visite virtuelle du site de la Manufacture des Tabacs de Lyon.

  • Java : historiquement, l’utilisation des applets Java (petits programmes incorporés à des pages web) était la seule application permettant d’afficher des contenus riches sur le web. Java est très répandu sur le web mais les visites interactives dans ce format se font de plus en plus rares.

Exemple de visite en Java : visite virtuelle du Sénat.

Ces trois solutions, bien que dominantes actuellement, ne sont pas les seules. Par exemple, le plugin Silverlight de Microsoft permet également de visualiser des applications riches. Il est notamment utilisé pour la vue panoramique à 70 gigapixels de Budapest.

Tous ces viewers sont gratuits à télécharger mais leur installation peut facilement rebuter un internaute débutant ou impatient. Le choix d’un player très répandu ou non peut par conséquent avoir un impact sur l’utilisation de la visite virtuelle.

Pour contrer ce problème, il peut être intéressant de proposer la visite dans plusieurs formats. Une même photographie peut en effet être transformée en visite virtuelle dans n’importe lequel des formats. Par exemple :

  • La visite virtuelle Ministère Culture a été réalisée en Flash et déclinée en HTML5. Elle existe également sous la forme d’une application pour terminaux mobiles (iPhone, iPad, supports sous Androïd…). (source).
  • Les vues à 360° présentées sur le site http://www.realite-virtuelle.net/ peuvent être visionnées, au choix, avec Flash, Quicktime ou Java.
  • L’internaute peut choisir de visiter le château de Chenonceau avec Quicktime ou Flash.

Recherche et développement

Les techniques utilisées pour les photographies panoramiques et les visites virtuelles utilisant des vues à 360° sont déjà assez anciennes et bien maîtrisées. Leur réalisation est relativement facile et peu chère, et chacun peut s’y initier grâce à de nombreux outils gratuits et faciles d’utilisation. Pour une visite virtuelle de qualité et parfaitement fonctionnelle, il est cependant recommandé de faire appel à des professionnels.

Aujourd’hui, les évolutions concernent principalement la qualité des images. Les vues sont en effet de plus en plus réalisées en haute définition et des exemples d’exception viennent montrer jusqu’où la qualité d’image peut être poussée.

Depuis un an, la course au record du monde fait rage avec les « gigapano », ces panoramas au nombre de pixels impressionnant. Ainsi, en mars 2010, Paris-26-gigapixels était la plus grande image panoramique par assemblage au monde avec ses 26 milliards de pixels. Dans les mois suivants, les records se sont suivis : Dubaï (45 gigapixels), Budapest (70 gigapixels), Londres (80 gigapixels)... En mars 2011, la Strahov Library de Prague est photographiée à 40 gigapixels, ce qui est le record du monde pour une photographie en intérieur.

Strahov Library de Prague

Les outils pour la visualisation interactive en ligne sont également en évolution. Pour le moment, l’utilisation d’un player comme Flash est la solution la plus courante, mais l’avenir semble être aux applications fonctionnant directement dans le navigateur. L’intégration de visites virtuelles dans les pages web est ainsi en développement grâce aux nouvelles possibilités offertes par le HTML5. Cette solution n’est pas encore au point mais elle sera sans doute très intéressante car elle permettra la visualisation sans installation de plugin.

Par exemple, la société Kolor (qui édite les logiciels Autopano et Panotour) a annoncé en mars 2011 la mise au point d’un nouveau lecteur pour les visites virtuelles à 360° utilisant le HTLM5 : Kolor Eyes. L’application demande néanmoins que le navigateur web supporte la spécification WebGL (spécification d’affichage 3D), ce qui n’est pas très répandu pour le moment (liste des navigateurs compatibles).

Les applications sont également de plus en plus souvent adaptées pour être compatibles avec un accès depuis un support mobile (smartphone, tablette, etc.). Je donne plus d’informations sur ces usages dans la partie Usages mobiles.


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